Historique

L’association du Centre de Loisirs a été fondée le 6 mars 1964 sur l’impulsion du Conseil général de la Ville de Neuchâtel qui avait voté en février 1964 un arrêté répondant à une motion de Walter Zahnd qui demandait au Conseil communal d’apporter son appui aux initiatives prises en faveur de la création de centres de loisirs.

Extraits de Neuchâtel 1011-2011 – Mille ans-Mille questions-Mille et une réponses, de Jean-Pierre Jelmini. Editions Attinger, Hauterive, 2010, avec l’aimable autorisation de l’auteur :

Centre de loisirs

Fondé en mars 1964 et installé en novembre de la même année dans les locaux de l’ancienne Maison de Prébarreau (Chemin de la Boine 31), le Centre de Loisirs est le résultat d’un projet commun élaboré par la Ville de Neuchâtel et une Association privée à but non lucratif. Moins de vingt ans après la fin de la guerre, on se préoccupe avec une vive inquiétude des enfants qui sont voués à eux-mêmes soit à midi soit en fin d’après-midi en raison du travail des obligations de leurs deux parents.

Cette situation largement nouvelle dans la société citadine d’alors encourage une poignée de citoyens (presque tous issus de mouvements de cadets, d’éclaireurs ou de jeunesses paroissiales) a mettre sur pied un lieu d’accueil sûr où ces enfants trouvent refuge et distraction.

L’enthousiasme aidant, l’affaire est rondement menée et le Centre de Loisirs ouvre ses portes huit mois après son assemblée constitutive. Sans relâche depuis le CDL s’est constamment efforcé d’adapter ses méthodes de travail aux évolutions de la société. Il est en effet confronté par sa nature même à la frange la plus mouvante de la population, celle des adolescents en quête d’identité. Piloté par des professionnels de l’animation socioculturelle il contribue de manière déterminante à l’intégration de jeunes garçons et de jeunes filles dans une structure sociale, à la fois protectrice et responsabilisante.

En 2006, soucieux de conserver leur adéquation à la société actuelle et à ses problèmes, les responsables du centre ont redéfini les grandes lignes de leur action en se donnant cinq grands axes d’intervention.

  1. Offrir aux jeunes une possibilité d’intégration sociale en déterminant et en mettant sur pied des activités susceptibles de favoriser l’intégration d’enfants, de préadolescents, d’adolescents et de jeunes adultes relevant de populations défavorisées, isolées ou marginalisées, en soutenant leur participation à la vie économique, sociale, culturelle et politique.
  2. Promouvoir les idéaux de la solidarité sociale et de la démocratie participative, seuls garants d’un fonctionnement correct de la société, en permettant aux jeunes d’expérimenter les bénéfices associés aux comportements de solidarité et de citoyenneté, tant au sein du CDL - considéré comme laboratoire de travail en réseau - qu’à l’extérieur.
  3. Aider les jeunes qui manquent de confiance en leurs propres moyens et/ou en leurs compétences individuelles à conquérir ou à consolider leur estime d’eux-mêmes, en les intégrant à des expériences d’auto-organisation susceptible de révéler ou de confirmer leurs aptitudes personnelles au fonctionnement social.
  4. Considérant que la promotion d’une santé saine constitue une base essentielle de la mobilisation des énergies positives, jouer un rôle prépondérant de prévention à l’égard de divers facteurs de risques liés à l’enfance et à l’adolescence, en permettant aux jeunes confrontés à l’échec scolaire, au chômage, à la difficulté d’intégration d’envisager clairement les dangers que représente pour eux l’univers de la toxicomanie, de la dépression, de la délinquance, de la violence etc.

Après un proche demi-siècle de fonctionnement, le Centre de Loisirs appartient aujourd’hui au paysage social et culturel de la ville au cœur de laquelle il occupe une position centrale et très profitable au développement de ses activités.

Prébarreau (Nouveau Prébarreau)

L’espace actuellement occupé par le Centre de Loisirs de Neuchâtel plonge ses racines dans l’histoire d’une très ancienne institution sociale : l’Etablissement de Prébarreau. Curieusement, le bâtiment et les jardins où s’ébattent et se forment aujourd’hui encore des adolescents manquant parfois d’encadrement familial ont été construit et acheté en 1848 par un comité de dames charitables de Neuchâtel. Elles souhaitaient y installer les jeunes filles défavorisées dont elles s’occupaient depuis une trentaine d’années dans un appartement du quartier de Prébarreau. La simplicité de l’architecture témoigne du caractère utilitaire et peu coûteux voulu par les promotrices de cet établissement. Il est toutefois intéressant de constater à quel point certains lieux conservent à travers le temps la nature même de leur vocation initiale.